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lundi 11 mai 2015

L'art de Détruire

By Nour-Eddine Boukrouh in Le Soir d'Algérie
 
noureddineboukrouh@yahoo.fr

 
L’histoire que je vais vous raconter (pas celle de la grenouille, laissée à la fin) est authentique. Même si vous ne me croyez pas, vous ne sauriez ni ne pourriez récuser sa véracité, car une fois que vous l’aurez entendue, elle se diffusera en vous comme une lumière répandant ses photons dans tous les recoins de votre être ; réveillera en vous une histoire approchante ou éclairera sous un jour nouveau quelque chose de déjà vu, entendu, pensé ou fait à un moment ou un autre de votre existence.

lundi 6 avril 2015

La Possibilité d'une Tunisie .....

Avant de vous laisser savourer la lecture de cet article qui parle autant d'Algérie que de Tunisie permettez moi cette digression  suite au commentaire de journaliste Chawki Ammari qui a dit "pour produire en Algérie il faut toujours attendre l'autorisation de quelqu'un qui ne produit rien"

By kamel Daoud in Le Quotidien D'Oran 

Les Tunisiens sont sévères avec leur révolution : elle va mal, fait mal, est mal faite. Le pays est en difficulté, n'a pas beaucoup d'argent et les petits Benali repoussent doucement à l'ombre des indécisions. Aux yeux de l'Algérien passant, cela fait un peu sourire car le désenchantement chez nous dure depuis 53 ans presque. Là où en Tunisie, la désillusion est si jeune (trois ans) qu'elle en ressemble à un caprice. Que leur dire ? Tout : qu'ils ne savent pas ce que vaut, au change du symbole, leur révolution encore vive dans le désastre de ladite «arabité», c'est le seul pays qui prouve encore qu'il y a de l'espoir. On ne leur répètera jamais assez car les Tunisiens ont peu conscience de leur reflet dans nos déserts. Il faut encore et encore leur répéter qu'ils doivent réussir car cela implique pour nous la possibilité d'une île. Sinon, nos dictateurs auront raison. Déjà qu'en Algérie, l'exemple libyen et syrien ou égyptien assure la survie miraculeuse d'un régime qui est allongé comme Moubarak, fou comme Kadhafi, violent comme Bachar, rusé comme Ali Salah. 

dimanche 22 mars 2015

Pourquoi les salafistes ont marché sur Alger ?

By Amin Zaoui in Liberté 

Parce que l’islam d’aujourd’hui a été vidé de toutes cultures universelles ; le musulman, le bon croyant, à son tour, s’est trouvé conditionné, automate. C’est triste, mais c’est la réalité amère. Pourquoi est-ce que les salafistes algériens sont-ils sortis coléreux et en force, cette semaine, dans les rues d’Alger ? Serait-ce pour dénoncer les injustices sociales ? Non. Pour réclamer l’augmentation des salaires ? Mais non ! Pour dire non à l’exploitation du gaz de schiste ? Pas du tout. Pour dénoncer la mauvaise et louche distribution des logements sociaux ? Ceci n’est pas important à leurs yeux. Pour dénoncer la corruption qui gangrène l’économie algérienne ? Ceci, à leurs yeux, relève d’el-mektoub, du Ciel. Pour demander plus de liberté ? Non, la liberté est contre la morale, surtout pour la gent féminine ! Pour demander plus de passeports pour la saison prochaine du pèlerinage ? Non, même pas à cause de cela. Pour demander le droit à la constitution d’un parti fasciste ? Non, l’idée du parti est un mensonge occidental blasphématoire. El-Oumma ! Pour demander l’amélioration de l’enseignement secondaire et universitaire ? Non, le Prophète (QSSSL) fut analphabète, oummi. Pour demander plus de maisons de culture ou plus de théâtres ? Non, ces lieux sont réservés aux égarés. Pour el-kofr/l’apostasie. Pour dénoncer le chômage qui ronge les jeunes et les moins jeunes ? Non, chacun est né avec son destin inscrit, dessiné d’avance sur son front. Pour contrer la cherté de la vie et l’augmentation du prix de la pomme de terre ? Non, c’est le bon Dieu qui distribue le pain et la pomme de terre sur ses créatures ! Mais pourquoi est-ce que les salafistes algériens sont-ils sortis coléreux et en force, cette semaine, dans les rues d’Alger ? Les salafistes algériens sont sortis dans les rues d’Alger, tout simplement, pour défendre leur droit divin de “frapper” les femmes. Le droit de frapper la sœur. La mère. La fille. La nièce. La grand-mère. L’épouse. La tante. La voisine. La collègue de travail. La médecin. La pilote. La policière. La générale dans l’Armée nationale populaire. Leur droit divin d’exercer les violences sur les femmes. Toutes les femmes, celles dans les foyers, celles dans le travail et celles dans les rues ! Ils sont sortis, ces salafistes, pour réclamer leur droit divin de faire des femmes, toutes les femmes sans exception aucune, une “propriété” privée. Le musulman, le bon croyant, encerclé par une telle religion vidée de toutes cultures universelles, s’est métamorphosé en créature conditionnée, formatée, automate. Une théorie psycho-physique nous confirme : dès qu’un membre dans le corps humain est inerte, sans fonction aucune et pour longtemps, il est automatiquement condamné à disparaître. À mourir. Et depuis le cinquième siècle de l’hégire, le onzième selon le calendrier grégorien, un membre corporel n’a pas travaillé, n’a pas bougé, dans le corps du musulman : le cerveau. En contrepartie ce qui a bougé, pendant cette période, depuis le cinquième siècle de l’hégire, le onzième selon le calendrier grégorien, c’est le membre génital. Ce membre est omniprésent dans le conscient et dans l’inconscient ! Obsession musulmane ! Et cette manifestation des salafistes algériens, dans les rues d’Alger, confirme que seul ce membre génital est encore actif dans le corps du musulman. Cela explique aussi l’appel lancé, il y a quelques semaines, par des parlementaires, dans lequel ils ont demandé aux femmes de s’habiller “correctement” ! Se vêtir selon leur goût idéologique, plutôt pathologique. Maintenant, je sais pourquoi les salafistes algériens sont sortis dans les rues d’Alger ! Et je suis écœuré et triste !

lundi 9 mars 2015

La Mossadisation où comment se laver les mains sans se mouiller ...

Par Kamel Daoud

Tenace et terrible démission : Daech c’est le Mossad, la CIA, l’Occident, les autres. Dans tous les cas, ce sont Eux, pas Nous. L’affirmation vous la retrouvez sur internet, dans les tasses de café, dans les têtes. Pas seulement chez l’Islamiste enfermé entre Médine et la Mecque fantasmée, mais chez l’intellectuel de gauche, le haut cadre, le moyen, le lettré. Incroyablement tenace et solide.
La monstruosité, c’est l’Autre, pas moi. Inconcevable auto-blanchiment. La théorie du Mossad et de la Cia sert avec une lamentable facilité à absoudre chacun du Daech en nous, de nos responsabilités face au monde et face aux conséquences de nos actes.  Incroyable cet effort constant chez nous de fuir le réel et l’évidence pour coller nos drames aux autres.

lundi 16 février 2015

Un bref instant de mémoire vive

By Kamel Daoud in le Quotidien d'Oran

Dans le langage pensé, on appelle cela l'Algérie plurielle : l'Algérie arabe, l'Algérie amazighe, l'Algérie juive, l'Algérie chrétienne, l'Algérie ottomane, l'Algérie espagnole…etc. L'une mange presque toutes les autres, les nie, les appauvrit, les exclut, les refuse. L'Algérie amazighe essaye de survivre. Parfois on lui tire dessus, parfois c'est la prison, le chant, la rébellion, la tentation d'autonomie, la dignité. Douloureuse, arrachée à la terre vers la montagne, méprisée, repoussée mais résistante. L'Algérie espagnole est en ruine. Des murs, des frontons, quelques forts et presque rien dans les manuels scolaires. L'Algérie ottomane est curieusement vécue : revendiquée par les descendants des Koulouglis comme une racine, elle est incolore dans la mémoire : on en a hérité le mode de gouvernance, la régence, la façon de désigner le Dey du moment et les présidents, la pensée janissaire, les modes de milices et le mépris Cité/Tribu. L'Algérie chrétienne est encerclée, à peine tolérée, niée elle aussi. Réduite à un poids mort sur une croix effacée : on la traite comme une entité exogène, étrangère alors qu'elle a participé à la guerre de Libération, qu'elle a habité le pays avant l'Islam, qu'elle a enfanté Saint Augustin et ses Confessions et qu'elle a été là pendant la décennie noire, la guerre grise, la paix floue. Elle a payé de son sang, des siens et essaye de faire modeste figure parce qu'elle sait que le pays est susceptible, malade de ses racines, violent et emporté. On essaye de la lier au Vatican pour mieux la cerner dans le statut de « l'Etrangère » là où elle affirme son algérianité mais avec résignation au silence. L'Algérie saharienne, elle aussi réduite au silence et à la dune, soupçonnée de sédition, traitée comme une vache renversée, pis en l'air. Visitée dans l'exotisme et tenue à distance par un barrage vert dans la tête noire. 

lundi 26 janvier 2015

Why Trade Imbalances matter

By Martin Wolf in the Financial Times

http://video.ft.com/4000123703001/Martin-Wolf-on-why-trade-imbalances-matter/editorschoice?ftcamp=engage/email/content/premium/editorschoice/crm&utm_source=premium&utm_medium=email&utm_term=content&utm_campaign=editorschoice&


La théorie du complot: un banc public pour faire asseoir les peuples

By Kamel Daoud

Un autre ciel, un autre jour. Le fleuve le plus long du monde est Internet. Il coule hors du temps, d'un méridien à l'autre, gambadant sur les créneaux et les insomnies. De quoi y parle-t-on chez nous dans nos têtes ? du complot. Cette vaste théorie qui permet de ne rien faire, de juger le monde sans se juger, de parler pour ne rien dire et dire pour ne rien faire et accuser sans s'accuser et s'expliquer sans agir. La théorie du complot est la théorie favorite du monde dit « arabe », partout, depuis quelques temps. Tout ce qui se passe et se passera, selon les « complotophiles », est l'œuvre du sombre juif, du sionisme mondial, de l'Occident, des ennemis de l'islam ou du Club universel occulte, des forces noirs, des enfants de De Gaulle, de la CIA. Rien n'est notre faute à nous qui tuons nos terres par nos mains et nos crachats. Nous sommes tous manipulés et notre intelligence se limite à le signaler tout le temps au lieu d'en changer l'état. Car le théoricien de la « manipulation » ne fait rien contre la « manipulation » sauf répéter que c'est une manipulation. C'est une règle.

lundi 19 janvier 2015

Refonder la pensée théologique islamique

 By  Ghaleb Bencheikh (11 janvier 2015)

Notre nation a connu une terrible épreuve. L’ignominie et le terrorisme abject ont frappé au coeur de Paris. Un véritable carnage. Et nous ne pouvons pas nous contenter seulement de dénoncer ces actes qui nous révulsent et de condamner leurs auteurs, sans réserve, ni nous résoudre dans une résignation morose à subir la prochaine attaque... D’ailleurs, qui dit dénoncer entraîne aussitôt qu’il faut annoncer : clamer haut et fort qu’aucune raison, si légitime soit-elle, ne saurait justifier le massacre des innocents et aucune cause, si noble soit-elle, ne prépose la terreur aveugle. Nous scandons jusqu’au ressassement ce que nous avons toujours proclamé : on ne peut pas et on ne doit pas se prévaloir d’un idéal religieux pour semer la haine.

lundi 29 décembre 2014

Mes Voeux pour 2015 .......

Chères Amies, Chers Amis, Chers Partenaires, Chères Collaboratrices, Chers
Collaborateurs, Chères Consœurs, Chers Confrères, Chers Toutes et Tous

Oui je suis en retard ! Mea culpa. Comment imaginer vous présenter mes vœux de 2015 sans avoir attendu les résultats de cet événement majeur, du nord de l’Afrique, que sont les premières élections présidentielles démocratiques de l’histoire de la Tunisie. J’en suis très fier. Les Tunisiens l’ont fait alors que certains avaient déjà rangé la « révolution du jasmin » dans la rubrique « hiver arabe ».

Bravo et félicitations ! Mais ne perdons pas de vue que le plus dur reste à venir pour cette jeune démocratie tant les défis économiques sont importants en cela l’année 2015 sera déterminante.

Mon ami, le caricaturiste Algérien HIC avait anticipé quelque peu le résultat de cette élection depuis quelques mois, en y ajoutant sa touche personnelle pour nous rappeler qu’en Algérie, nous vivons un processus complexe  pour lequel Je n’ai pas trouvé meilleurs expression d’appréhension que celle d’un ancien chef du gouvernement, que je me permets de paraphraser tant la justesse de ses mots m’a frappée : «  …Alors que les défis s’amoncellent à sa porte, l’Algérie, comme sourde aux mutations géopolitiques, socioéconomiques et éco-culturelles de son environnement, reste agrippée à ses querelles domestiques stériles et perd chaque jour un peu plus des moyens de peser sur son destin, laissant aux forces extérieures toute latitude de façonner l’avenir de notre pays… à nos dépens… ». Tout est dit !
Sur fond de crise pétrolière et d’incertitudes tant politiques qu’économiques, J’ose malgré tout espérer que  l’année 2015 sera l’année du sursaut de l’Algérie, porté par une jeunesse au potentiel insoupçonné mais aussi par une élite avertie et engagée.




Mes vœux seraient incomplets sans exprimer mon soutien indéfectible et ma solidarité à l’écrivain Kamel Daoud, stupidement menacé par l’obscurantisme qui sévit dans nos régions.

Bonheur, Santé et Prospérité à tous. Pour une autre Algérie, pour un autre Maghreb et pour une autre Méditerranée.


NB : comme tous les ans, je n’oublie évidemment pas de vous écrire  en vert, vous rappelant vos obligations environnementales.