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lundi 27 octobre 2014

Quand Abdennour Bidar écrit au monde musulman..


 Lettre ouverte au monde musulman


"Cher monde musulman, je suis un de tes fils éloignés qui te regarde du dehors et de loin - de ce pays de France où tant de tes enfants vivent aujourd'hui. Je te regarde avec mes yeux sévères de philosophe nourri depuis son enfance par le taçawwuf (soufisme) et par la pensée occidentale. Je te regarde donc à partir de ma position de barzakh, d'isthme entre les deux mers de l'Orient et de l'Occident !

"Et qu'est-ce que je vois ? Qu'est-ce que je vois mieux que d'autres, sans doute parce que justement je te regarde de loin, avec le recul de la distance ? Je te vois, toi, dans un état de misère et de souffrance qui me rend infiniment triste, mais qui rend encore plus sévère mon jugement de philosophe !
"Car je te vois en train d'enfanter un monstre qui prétend se nommer Etat islamique et auquel certains préfèrent donner un nom de démon : Daesh. Mais le pire est que je te vois te perdre - perdre ton temps et ton honneur - dans le refus de reconnaître que ce monstre est né de toi, de tes errances, de tes contradictions, de ton écartèlement entre passé et présent, de ton incapacité trop durable à trouver ta place dans la civilisation humaine.

Le véritable coût du non Maghreb ...... Les générations zombies du Non-Maghreb

By Kamel Daoud in Le Quotidien d'Oran

Depuis hier on vote en Tunisie. Avec la même équation sous la gorge comme un couteau : les islamistes ou les autres ? Les autres étant les progressistes, les laïcs, les nostalgiques, les gens de la gauche ou de la mer….etc. Partout ailleurs dans le monde dit « arabe », les révolutions semblent avoir crashé. Du moins à échelle d'une vie d'homme. Sauf en Tunisie où les islamistes ont été sauvés par leur ruse, les laïcs par leurs peur et la Tunisie par le fait qu'elle n'a pas d'armée sur le dos. Paradoxe de nos pays perdus : la démocratie n'est légèrement possible que là où il n'y a pas d'armée pour la maquer. La Tunisie est un cas d'école, un pays leader dans le désarroi et la quête de la solution définitive que l'on cherche depuis la chute de Bagdad sur la tête de ses sujets. On la regarde comme un espoir, un miroir, un reflet ou un remake de nos années 90. 

La pied-noirdisation, mécanique de comparaison permanente


By Kamel Daoud in Le Quotidien d'Oran


C'en est devenu une tradition intellectuelle, entre masochisme et nostalgie : reprendre les vieilles photos d'Algériens des années 70 et les comparer avec le fameux aujourd'hui, figé, mangé et assiégé. Femmes en tenues libres, cuisses nues et insolentes, chevelures, ruelles propres, façades heureuses, fleurs, jardins, sensation vitrifiée de sécurité. Haïk sur moto et autres icônes anonymes. Des ruelles avec des noms, un regard, surtout le regard : brillant, amoureux de quelques chose, avec cette humidité qu'apporte le sourire dans les yeux. Ou soumis aux premières citoyennetés inaugurales, obéissant et heureux du pays neuf. Policiers propres, voitures rares. C'était l'époque où l'Algérie était vierge jeune fille, disent les gens dans les rues. Accompagnée du fameux sourire vieilli. Et avec l'autre question : comment en est-on arrivé là ? « Là » désigne aujourd'hui la ruelle morte, le policier harassé et mal habillé, maigre et représentant plus la lassitude que l'ordre, femmes voilées, cachées, harcelées. Saleté. Soleil de routine glissant dans un ciel gris. Constructions inachevées. Poussière, Présidence vide, clans, islamisation horizontale, pessimisme, lucidité malheureuse et jérémiades. « Là » est une planète entière sous forme de terrain, vague. Planète vague ? L'expression est d'un doux crépuscule. Passons.

jeudi 2 octobre 2014

Les principaux enjeux pour l'avenir de notre agriculture (Tunisie)

By Karim Daoud in Al HUFFINGTON POST MAGHREB
Les principaux enjeux pour l'avenir de notre agriculture sont à mon avis, avant tout, ceux liés aux ressources naturelles (eau et sol) qui doivent plus que jamais être considérés comme des facteurs limitants.
Le secteur agricole utilise 76,5% des ressources en eau du pays, et près de 95% des eaux de surface seront bientôt captées (barrages, lacs collinaires) et les quantités disponibles par habitant et par an vont subir une sérieuse restriction en une vingtaine d'années (changement climatique, augmentation de la demande...).

Le rêve brisé de la construction du grand Maghreb

By Hocine Snoussi in le Quotidien d'Oran


L'unité du grand Maghreb n'est pas une vue de l'esprit ou simplement une nécessité géopolitique d'un moment. Elle plonge ses racines dans les réalités géographiques et dans l'héritage historique.

Quant aux réalités géographiques, cette région appelée à juste titre l'Afrique du Nord est d'une homogénéité qui n'a pas son pareil dans le monde puisqu'elle s'étend d'une manière continue de l'Atlantique à la Cyrénaïque. Elle est encadrée par les frontières naturelles très nettes au nord et à l'ouest par la mer et au sud et à l'est par le Sahara et des zones semi désertiques. Ceci pour ce qui est de la géographie physique, pour ce qui est de la géographie humaine, les peuples de cette région ont une similitude anthropologique frappante depuis la haute antiquité lorsque les Romains les appelaient «Berbères», ce qui est impropre puisque Rome appelait «barbares» tous ceux qui n'étaient pas Romains. Le nom des Numides est plus approprié.

dimanche 14 septembre 2014

Alger Mode d'Emploi ...

Interview de Halim Faidi recueilli par Mustapha Benfodil in El Watan


Halim Faïdi est au moins connu pour deux choses. Deux bâtiments emblématiques qui portent sa griffe : le Musée d’art moderne et contemporain d’Alger (MaMa), anciennement Galeries algériennes, et le nouveau siège du ministère des Affaires étrangères, perché sur le plateau des Annasers, projet qui lui a valu le Prix national d’architecture et d’urbanisme et le Prix du président de la République (2012).

Natif d’Alger l’année du coup d’Etat de Boumediène (1965), le sémillant architecte, enfant d’El Biar, est intarissable quand il s’agit de raconter sa ville. Dans la ruche de «Studio A» où il nous reçoit, ses collègues planchent sur leur ouvrage du moment avec dévotion. Ayant manifestement plus d’une corde à son arc, l’écriture n’est pas en reste dans son répertoire. La preuve : ce magnifique ouvrage qu’il vient de sortir chez Barzakh et Le Bec en l’air intitulé Alger sous le ciel.

jeudi 10 juillet 2014

Et au 41e jour un l'Homme a dit: "au suivant" ....


By Hakim Laâlam in le Soir d'Algérie


Que peut-on retenir de ces 40 jours de consultations autour des réformes menées par Ouyahia ? D’abord, le truc le plus important à mes yeux. Contrairement aux puces téléphoniques, certains dirigeants politiques oubliés dans un siège pendant des années lumières peuvent être ressortis de leurs boîtes et réactivés aux frais de l’opérateur lui- même, ce qui n’est pas courant en la matière. Au chapitre des palmes, celle de l’accoutrement flashion le plus fun revient sans conteste à Madani Mezrag. Se pointer à la Présidence en face de H’mimed en kamis lamé, en calotte afghane et en sandales à semelles compensées, même l’allumé Karl Lagerfeld ne l’aurait pas osé. 

lundi 7 juillet 2014

Des Algériens réclament un cimetière : analyse d'une crevasse

By Kamel Daoud in le Quotidien d'Oran

Lu dans un journal : les habitant d'Ali-Mendjeli (une cité) à Constantine réclament un cimetière. Fascinant. On devine que la cité, livrée dans le cadre de la politique du relogement, manque de tout : jardins, loisir, rire, air, plaisir, équipements et verdure, manque aussi de place pour mourir. Rien n'y a été prévu, ni l'espace de vie, ni celui de la mort. L'Algérie reloge mais sans plus. Habiter n'est pas occuper, c'est se refugier, se rétracter, se replier, fuir, s'isoler, couper le lien avec la communauté par la communauté. Reloger n'est pas civiliser mais se débarrasser du postulant. La même pensée traverse l'esprit du chroniqueur quand il voit les cités algériennes. Ce ne sont pas des architectures de cités de conquête, d'occupation de l'espace et d'affirmation de la présence de l'homme, mais des cellules de retraits vers soi, de refus. On ne construit pas, comme les Romains, les Egyptiens ou les autres civilisations et pays, pour «orner» l'espace et en jouir dans le collectif, mais pour fuir le collectif, briser le lien et tourner le dos. Les cités algériennes sont des ruches de solitude. Le régime construit pour reloger, pas pour qu'on habite le pays.

jeudi 12 juin 2014

Lettre de Mme Zohra Drif à Ahmed Ouyahya ... ( Bravo Mme Drif )

Ancienne combattante de la guerre de Libération nationale et sénatrice du tiers présidentiel, Mme Zohra Drif n’a pas mis de gants pour dénoncer le projet d’amendement de la Constitution. Pour elle, «il n’apporte absolument rien ou presque» et, de ce fait, elle se demande «ce qu’aurait pensé» (de ce projet, ndlr) son ancien compagnon d’armes, Larbi Ben M’hidi, assassiné par les militaires français durant la guerre de Libération, laissant ainsi transparaître un profond désarroi.

Monsieur le directeur de cabinet de la présidence de la République

1. Je vous remercie de m’avoir comptée parmi les personnalités nationales que vous avez invitées aux consultations initiées à l’occasion de la prochaine (encore une !) révision constitutionnelle.
2. Cela m’honore et m’oblige bien évidemment, mais dans le même temps accable mes frêles épaules de vieille combattante de la glorieuse Zone autonome d’Alger dont, je dois l’avouer, je ne suis toujours pas revenue.
3. Etant parfaitement consciente et lucide sur le fait que je ne suis l’élue ni de Dieu ni des hommes, je sais que seuls l’immense révolution du 1er Novembre 1954 et la chance inouïe que j’ai eu d’y prendre part, mais surtout le redoutable privilège d’y avoir côtoyé les meilleurs d’entre nous d’alors et d’aujourd’hui font de moi une «personnalité nationale» que l’on consulte en 2014.